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Bernard Brumberg " Jean
Ferrat "
Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum le 26
décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine) et mort le 13 mars
2010 à Aubenas en Ardèche, est un parolier, musicien,
compositeur et chanteur français.

À la fois chanteur engagé et poète, auteur de chansons à textes,
il est aussi compositeur, et met notamment en musique de
nombreux poèmes de Louis Aragon.
Bien que peu présent dans les médias et malgré un
retrait de la scène à quarante-deux ans, il connaît un grand
succès aussi bien critique que commercial, fondé tant sur la
qualité de ses compositions (textes et mélodies) et de sa
signature vocale, que sur ses prises de position politiques.
Attiré par la musique et le théâtre, il entre dans une troupe de
comédiens au début des années 1950, compose quelques chansons et
joue de la guitare dans un orchestre de jazz.
Il passe sans
grand succès quelques auditions, fait des passages au cabaret
sous le nom de Jean Laroche, et, ne se décourageant pas, décide
de se consacrer exclusivement à la musique.
En 1956, il met en musique Les yeux d’Elsa, poème de Louis
Aragon dont il sera toute sa vie l'admirateur.
C’est André
Claveau, alors fort en vogue, qui interprète la chanson et
apporte un début de notoriété à Jean, qui se produit au cabaret
parisien La Colombe de Michel Valette, en première partie de Guy
Béart.
En 1958, il sort chez Vogue son premier 45 tours EP, qui ne
rencontre guère de succès.
Une jeune chanteuse, Christine
Sèvres, qu'il rencontre en 1956, reprend quelques-unes de ses
chansons.
Il l’épouse fin 1960, après 3 ans de cohabitation.
Il signe chez Decca
et, l’année suivante, sort son second 45 tours EP avec la
chanson Ma Môme, son premier succès, et passe sur toutes les
ondes.
Pratiquement en même temps, RCA publie un 45 tours EP des
4 chansons qu'il a enregistrées sous le pseudo de Noël Frank,
qui n'aura aucun succès. C'est après avoir vu sur une carte de
France la ville de Saint-Jean-Cap-Ferrat, qu'il décide de
s'appeler Jean Ferrat, plutôt qu'encore Jean Laroche (un nom
alors utilisé par un autre artiste sur scène).
Une autre rencontre décisive aura lieu avec Alain Goraguer, qui
signe ses premiers arrangements sous le pseudonyme de Milton
Lewis et qui deviendra l'arrangeur des chansons de tous ses
albums.
Le photographe Alain Marouani, rencontré chez Eddie Barclay,
suivra Ferrat durant toute sa carrière en signant la très grande
majorité de ses photos.
Son premier 33 tours sort en 1961 et reçoit le prix de la SACEM.
Commence alors sa longue carrière, émaillée de difficultés avec
la censure exercée par les dirigeants de la radio et de la
télévision. En effet, Jean Ferrat a toujours été un chanteur
engagé à l’esprit libre. Il écrit ses propres textes et met en
musique ceux de ses paroliers ou amis poètes, dont notamment
Henri Gougaud, Georges Coulonges ou Guy Thomas (voir la section
discographie pour la suite).
Il fait la connaissance d’Isabelle Aubret : un
véritable coup de foudre amical a lieu entre les deux artistes.
Ferrat écrit pour elle Deux enfants au soleil, qui devient un
des titres majeurs de la chanteuse, et lui propose la première
partie de la tournée qu’il commence. En 1970, il compose une
chanson sur des paroles écrites par Philippe Pauletto et
intitulée Tout ce que j’aime. Quelques mois plus tard, cette
chanson sera interprétée aussi par Isabelle Aubret.
Il compose, sur des paroles de
Michelle Senlis pour Jacques Boyer et Jean-Louis Stain, une
chanson qui, réécrite partiellement dans les années 1970,
devient "Mon vieux", interprétée par Daniel Guichard. Le succès de
cette chanson n’a jamais cessé.
Il rejoint le label créé par Eddie Barclay. Ce dernier
dira de lui en 1988: "C’est un artiste, un grand, capable de
tout chanter, la politique, l’amour, les femmes, la vie. Il n’y
a guère que cela pour m’intéresser : les capacités de
l’Artiste." ("Que la fête continue", Eddie Barclay, Robert
Laffont, 1988).
La même année, il produit Nuit et brouillard, une chanson en
mémoire des victimes des camps de concentration nazis de la
Seconde Guerre mondiale, et en particulier en mémoire de son
père, Juif émigré de Russie mort à Auschwitz, qui lui vaut le
grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros.
Dans les années 1970, Jean Ferrat se fait plus rare. Chaque
nouvel album est un véritable événement et ses chansons sont
commentées comme de véritables prises de position
intellectuelle. Il affectionne les chansons qui font passer des
messages forts tout en reposant sur un texte subtil et imagé au
point d’en devenir parfois allégorique.
Il chante dans La montagne l’Ardèche, région chère à son cœur,
et fait de cet hommage à la France paysanne un de ses plus
grands succès.
En 1972, il fait, au Palais des
Sports de Paris, ses adieux à la scène, qu'il juge « trop dure
physiquement »
En 1973, il s’installe définitivement à
Antraigues-sur-Volane, où il possède une maison depuis 1964, et
qu’il ne quittera plus, y devenant même, en 1977, conseiller
municipal et adjoint au maire durant deux mandats.
Son épouse, Christine Sèvres, née Jacqueline Christine
Boissonnet, meurt en 1981, à l’âge de 50 ans.
Elle avait eu, née en 1953 de son premier mariage, une fille,
Véronique Estel, qu'il a connue à l'âge de 3 ans et qu'il
considère comme sa fille.
Christine et lui avaient chanté ensemble le seul duo de la
carrière de Ferrat : La Matinée.
Il se remariera vers 1990, avec Colette, qui l'accompagnera
jusqu'à la fin.
Isabelle Aubret, son frère Pierre Tenenbaum et le maire
d'Antraigues, Michel Pesenti, lors de l'adieu public au
chanteur, le 16 mars 2010.
Ses apparitions télévisées sont très rares. En 1991 sort un
nouvel album, qui lance la chanson « À la une », fustigeant la
télévision.
Cet album lui vaut un spécial Stars 90, en novembre
1991, sur TF1, présenté par Michel Drucker. Ses dernières
apparitions télé sont à l'émission Vivement Dimanche, début
janvier 2003, sur France 2, présentée par Michel Drucker et fin
2003, sur TV5 Monde, à l'émission L'invité, présenté par Patrick Simonin : un entretien de 45 minutes qui restera sa dernière
interview télévisée.
En octobre 2003, il répond à Hélène Hazera
sur France culture au cours d'un entretien de plus de 2 heures,
qui sera diffusé en février 2004 et rediffusé du 15 au 19 mars
2010, sous le titre de « Jean Ferrat, le léger et le grave ».
Jean Ferrat meurt le 13 mars 2010 à l’hôpital d’Aubenas, des
suites d’un cancer. De nombreuses personnalités rendent hommage
à celui qui « a su lier la poésie, le peuple et ses idéaux ».
Il
est inhumé le 16 mars au cimetière communal d'Antraigues-sur-Volane
près de son frère André, après une cérémonie d'hommage sur la
place centrale du village, au cours de laquelle notamment
Isabelle Aubret et Francesca Solleville interprétèrent des
chansons de Ferrat et où se sont réunies plus de 5 000
personnes.
La veille, plus de quatre millions de téléspectateurs
avaient suivi en France l'hommage télédiffusé en son honneur.
"Je venais de finir de lire le
fil conducteur de l'emission, la répétition était terminée mes
repérages fait , il ne restait plus qu'a attendre le direct. J'ai
pris place au deuxième ou troisième rang du studio 101. Un grand
bonhomme vient s'asseoir juste a coté de moi , je n'y prête pas
attention , perdu un peut dans mes pensées. Il s'adresse a moi
très poliment , une longue conversation s'en suivi: sur quoi ?
sur tout , des banalités, puis la vie, une rencontre
merveilleuse tellement simple et qui fait partie de ces
instants de la vie ou tout coule ou rien d'autre n'existe et ou
tout peut s'écrouler autour de vous ! intemporel .
Au bout d'une petite heure c'est le chef de plateau qui nous a
interrompu, nous nous étions même pas aperçu que le public
c'était installé autour de nous et la meilleur ! l'emission
était commencé .....une amitié aussi, salut Jean ! "
Bernard Brumberg
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